Le défi de l’équilibrage

Il est toujours difficile d’équilibrer un jeu qui se veut aussi asymetrique que la série des Coh.
Company of Heroes 1 relevait le défi avec brio il y a 10 ans en installant deux factions, allemande et américaine, complètement opposées dans la façon de se gerer mais très bien équilibrées sur l’ensemble du jeu.
Il y a 5 ans, Relic a tenté avec divers résultats, de reproduire cet équilibre dans Coh2 et ce en augmentant fortement la difficulté de base: comment équilibrer 5 factions tout en gardant une identité propre à chacune.

5 ans plus tard, le résultat n’est pas au niveau des attentes, et après avoir passé la main à une équipe de spécialistes épaulée par plusieurs top joueurs, le problème d’équilibrage se fait toujours ressentir. Pour ainsi dire, la mission est quasiment imposible tant les bases sur lesquelles reposent certaines factions sont viciées. Il faudrait une sérieuse remise en question du design originel de ces factions, la même qui sur 1 an, il y a plusieurs années de cela, avait permis de réquilibrer l’OKW est désormais nécessaire pour les Britaniques et dans une moindre mesure l’USF.

Mais elle ne se fera pas, Relic s’y opposera pour plusieurs raisons, la première étant que le jeu à 5 ans et que le rythme des mises à jours ne va que ralentir avec toujours moins d’effectif dédié à ce jeu. Et il faut aussi assumer ce que surlignerait un tel changement: l’echec du design original des factions, difficilement acceptable, seuls l’Ostheer et les Soviet seraient viable d’un point de vue design, impensable…

En attendant, les Britaniques sont hors-jeu tant certaines méchaniques primordiales sont absentes de leur roaster hors commander, pas de snare, un mortier fixe complètement obsolète et des unités phares nerfées au fils des patchs qui ne peuvent compenser les carences flagrantes de la faction. Pire, si un mortier mobile voit le jour, ce sera dans un commandeur, il y a peu de chance que les Infantry Section ou Sappeur récupèrent un snare faisant doublon avec les Boys. La dépendance au commandeur n’est pas la bienvenue, l’expérience du passé montre que ce n’est pas une bonne solution, même si elle reste au final la seule possible en forme de cache misère. De même, Cromwell et Comet nécessitent une révision de leur dps anti infantry, abissale et trop sujette au RNG, aujourd’hui même le panther est désormais plus performant contre l’infantrie que le Comet, toute une histoire. Enfin les joueurs appellent de leurs voeux à rendre enfin, après plusieurs années, le sexton utile à quelque chose.

Les joueurs attendent donc beaucoup du patch d’automne qui accompagnera la refonte de 10 commandeurs et l’ajout de 5 nouveaux (2+1 par faction), la promesse de fixer l’équilibre du jeu dans une situation optimum est alléchante mais peut être illusoire. 15 nouveaux commandeurs c’est aussi 15 potentiels nouveaux problèmes de balance.

Les stats d’équilibrage sont difficile à trouver, Relic ne partage pas. Mais les phases préparatoires du tournoi majeur GCS2 laisse entrevoir l’équilibre des forces actuel, Remercions le travail de fourmis de Siphon qui propose ses stats maisons issuent des matchs de préparation du GCS2. Les Sovietiques semblent indétronable, talonnés par l’Ostheer et l’OKW, puis loin derrière USF et enfin, encore plus loin en queue de peloton l’UKF.

Les sovietiques doivent subir un nouvel ajustement et le T-70 risque de ne pas y échapper. Dernier élément soviétique dont la puissance n’a pas été applatie par le marteau du nerf ces dernières années, toutes les stratégies T1 comme T2 reposent sur sa perfomance en milieu de partie, la réduire permettra certainement de garantir l’équilibre du jeu tant contre l’Ostheer que contre l’OKW. l’OKW est dans une position étrange, dernière faction bénéficiant de l’effet boule de neige, il s’agit plus de rompre cet enchainement et donner plus d’air à la faction adverse que de nerfer les performances brutes d’une ou plusieurs de ses unités. Enfin l’Ostheer risque de voir son commandeur phare, Mobile Defense, modifié pour le rendre moins optimal dans toutes les situations. Un nerf de ses unités n’est pas à prévoir mais certaines abilités risquent de disparaître au profit d’autre moins forte. De même le Puma et le Command Panzer, pièces maitresses de la doctrine risquent de se retrouver lié au teching de la faction.

Enfin les problèmes de design de l’USF ont en partie été comblés avec l’ajout du mortier mais le schéma T1/T2 reste la faiblesse de l’approche de la faction. L’équipe de joueurs en charge de l’équilibrage en à bien conscience et a proposé via la dernière refonte de commandeurs un choix plus en symbiose avec cette décision stratégique. La refonte de deux autre commandeurs et l’ajout d’un troisième pourrait débloquer la situation et permettre aux USF de disposer de 3 ou 4 commandeurs viables proposant des solutions en fonction du T1 ou T2. Mais là encore, cache misère d’un problème de design plus profond, l’USF devra toujours choisir entre avoir un Calliope ou un Pershing, et dans un cas comme dans l’autre, pas de lance-flamme.

Les meilleurs joueurs de COH2 ne s’y sont pas trompés, Helpinghans et Aimstrong, meilleurs joueurs de l’UKF en tournoi ont l’ont simplement abandonné pour l’USF et les soviet. DevM, certainement le meilleur joueur en activité actuellement est lui passé de l’USF qu’il a toujours joué en tournoi aux soviet. L’appât du gain du GCS2 n’est peut être pas pour rien dans ces changements mais il montre avec beaucoup de pragmatisme l’état de l’équilibre du jeu.

Relic est donc attendu au tournant cet automne/hiver. Arriveront-t-ils après tant d’année à équilibrer le jeu entre ces 5 factions? Réponse courant décembre.

 

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